
Yaoundé, le 29 juin – Le ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF), en partenariat avec les douanes camerounaises et WildAid, a lancé lundi à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen une nouvelle campagne visant à lutter contre le trafic d’espèces sauvages et le transport illégal de produits issus d’espèces protégées à travers les frontières du pays.
La première phase de la campagne utilise des écrans numériques dans les aéroports internationaux de Yaoundé et de Douala pour rappeler aux voyageurs aériens que le transport de produits issus d’espèces sauvages protégées est illégal et peut entraîner une arrestation, des amendes et des peines d’emprisonnement.
L’Inspecteur Général du MINFOF, M. Bruno Mfou'ou Mfou'ou, a déclaré que la biodiversité exceptionnelle du Cameroun représentait un patrimoine naturel irremplaçable, ainsi qu’une source de capital économique, écologique, scientifique et culturel. Mais cette richesse, a-t-il ajouté, a également attiré des réseaux criminels transnationaux organisés qui exploitent la faune sauvage pour alimenter un commerce mondial extrêmement lucratif.
« Cette campagne vient rappeler que chaque citoyen peut devenir un acteur de la lutte contre le trafic des espèces sauvages », a-t-il déclaré.
« On le sait, acheter un produit issu du' ne espèce protégée, transporter un trophée sans autorisation, accepter un colis suspect ou fermer les yeux sur une activité illicite contribue, parfois sans le savoir, à alimenter un réseau criminel international. »
« À l'inverse, signaler un comportement suspect, respecter la réglementation et sensibiliser son entourage constituent des actes citoyens en faveur de la protection de notre patrimoine faunique. En effet, chaque acte de vigilance peut contribuer à sauver une espèce menacée ; chaque signalement peut permettre de déjouer une tentative de trafic ; chaque action de sensibilisation peut aider à faire évoluer les comportements et à réduire la demande qui alimente ce commerce illégal. »

La campagne met en avant certains des produits issus de la faune sauvage les plus fréquemment victimes de trafic dans les aéroports et aux frontières, notamment l’ivoire d’éléphant, les pangolins et leurs écailles, les peaux de léopard et la viande sauvage illégale. Elle vise à sensibiliser les voyageurs nationaux et internationaux à la criminalité liée aux espèces sauvages et à l’importance de protéger le patrimoine naturel du Cameroun.
Le Chef de Secteur des Douanes du Centre, Mme. Marthe Nseke Maboa, a déclaré que le trafic illicite de faune et de flore sauvages emprunte les mêmes itinéraires, méthodes logistiques et tactiques que le trafic de stupéfiants, d’armes, de médicaments contrefaits et d’autres marchandises interdites.
« Les ports, les aéroports et les postes-frontières sont ainsi devenus des espaces stratégiques où se joue une partie importante de cette lutte », a-t-elle déclaré, soulignant que le Cameroun sert de pays d’origine, de transit et, parfois, de destination pour ces flux criminels.
« Je souhaite également m'adresser à l'ensemble des personnels des douanes en service dans nos ports, nos aéroports et nos postes-frontières terrestres : vous êtes les premiers remparts de l'État contre les réseaux criminels qui pillent notre patrimoine naturel », a-t-elle déclaré.
« Chaque contrôle effectué avec rigueur, chaque renseignement exploité, chaque cargaison inspectée avec professionnalisme contribue directement à la protection de notre biodiversité et au respect des engagements internationaux du Cameroun. Je vous invite à maintenir un niveau élevé de vigilance et à poursuivre votre mission avec la même détermination et le même sens du devoir. »
Le Cameroun abrite certaines des espèces sauvages les plus emblématiques d’Afrique, notamment les éléphants de forêt, les pangolins, les gorilles et les chimpanzés. Pourtant, le pays reste à la fois une source et un point de transit pour les produits issus de la faune sauvage illégaux destinés aux marchés internationaux. En tant que points d’entrée internationaux clés, les aéroports jouent un rôle crucial dans la prévention du transit transfrontalier de ces produits et dans le démantèlement des réseaux de trafic.

Cette campagne s’inscrit dans le cadre d’un partenariat plus large entre le MINFOF, les douanes camerounaises et WildAid visant à renforcer la sensibilisation à la criminalité liée aux espèces sauvages et à soutenir les efforts de lutte contre ce fléau dans les aéroports, les ports et aux postes-frontières à travers le Cameroun.
« Le trafic d’espèces sauvages menace les espèces en voie de disparition, alimente le crime organisé et porte atteinte aux moyens de subsistance », a déclaré Simon Denyer, responsable du programme Afrique chez WildAid. « Cette campagne témoigne de l’engagement du Cameroun à protéger sa faune sauvage et à veiller à ce que la criminalité liée aux espèces sauvages soit traitée comme une infraction grave. »
En 2024, le Cameroun a adopté une nouvelle loi historique sur la faune et la forêt qui a considérablement renforcé les sanctions applicables aux crimes environnementaux, notamment le trafic d’espèces protégées, avec des amendes lourdes et des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 20 ans. L’adoption de cette loi a constitué une démonstration forte de l’engagement du gouvernement à protéger le patrimoine naturel du pays.
Les prochaines phases de la campagne étendront les actions de sensibilisation aux ports maritimes et aux postes-frontières terrestres, afin de renforcer les connaissances des agents de terrain en matière de législation sur la faune sauvage, d’améliorer la détection du trafic d’espèces sauvages et d’encourager le signalement d’activités suspectes.

